1Rois 19,9a.11-13a
Ps 84(85)
Romains 9,1-5
Matthieu 14,22-33

Garder une foi solide à tout épreuve
Frères et sœurs, la parole de Dieu de ce dimanche, nous révèle deux visages de Dieu, qui peuvent nous aider à mieux vivre notre relation avec lui.
Primo, dans la 1ère lecture, le prophète Élie va découvrir la présence de Dieu dans une brise légère, au mon Horeb, l'autre nom du Sinaï. Chose assez surprenante, quand on sait que quelques siècles plutôt, sur cette même montagne, Dieu se révéla à Moïse sous les coups du tonnerre et des éclairs de feu (Ex 19,16)
En effet, au temps de Moïse, le peuple, après avoir vu les actions fortes du Seigneur au moment de sa libération de son esclavage égyptien, n’était pas encore prêt à mettre sa confiance en un Dieu qui n’aurait pas déployé les forces des éléments déchaînés. Maintenant le temps s'est écoulé, à l’époque d’Elie, l’heure est venue pour une nouvelle étape de la Révélation.

Élie qui est venu à la rencontre du Sgr, alors qu'il fuit la colère de la reine Jezabel, fait donc l'expérience du Dieu d'Israël, qui n'est pas dans le vent, le tonnerre, le tremblement de terre, mais dans une brise légère. Désormais, le Dieu de puissance et de majesté, se fait connaître dans le silence, la paix intérieure et la douceur. L'incarnation du Fils de Dieu, qui a choisi de venir à nous sous la forme d'un petit enfant, en est un signe indicateur de ce Dieu qui se manifeste aux hommes dans la simplicité, l'humilité et la douceur d'un bébé.
Ce n'est donc pas dans le grand bruit, le grand vacarme, les grandes manifestations qu'on peut faire son expérience. Voilà pourquoi dans l'Eglise, les temps de méditation ou d'adoration silencieuse, sont importants pour élever son âme vers Dieu, surtout quand on est submergé par l'angoisse, le doute, la peur, comme c'était le cas avec le prophète Élie, pour espérer retrouver une quiétude intérieure. Certes on peut faire l'expérience de Dieu à travers d'autres moyens, mais l'expérience du prophète Élie nous montre le moyen privilégié de Dieu, pour l'écouter et recevoir de lui sa force intérieure, qui apaisera les peurs et les doutes de notre vie.
Ceux qui passent le temps aujourd'hui dans les grands tapages, à crier à tue-tête, à invoquer les puissances et le feu du ciel, risquent de se tromper lourdement sur la façon de faire vraiment l'expérience du Dieu vivant, celui de Jésus Christ.
Secundo, l'évangile nous apprend que quand on croit en Dieu, il faut en tout temps et en tout lieu garder sa confiance en lui, c'est-à-dire ne jamais détourner son regard sur lui, quels que soient les vents contraires de la vie. L'attitude de Pierre dans cette scène, ressemble fort bien à celle de beaucoup d'entre nous.
En effet, depuis notre baptême, nous avons mis notre foi en Jésus, ce qui correspond dans ce récit au moment où Pierre s'engage à marcher sur l'eau, sur l'ordre de Jésus. Mais quand surviennent dans notre vie des situations difficiles, des épreuves, qui suscitent en nous des sentiments de peur, d'angoisse, de doute, nous détournons tout de suite alors notre regard de Jésus. Et à ce moment-là comme Pierre, nous commençons à enfoncer. Oui combien de fois, face aux épreuves de la vie : maladie, échec en amour, recherche du travail, d'enfant, etc nous cessons de compter sur Jésus, surtout si nous estimons que ça fait longtemps que nous ne faisons que le prier, sans aucun changement positif, alors nous cédons sur les conseils d'un ami, d'une amie, d'une tante, d'une soeur, qui nous dit, il faut aussi aller voir ailleurs, on ne sait jamais.
Frères et sœurs, comme les apôtres dans la barque, nous aussi, nous pouvons nous laisser paralyser par la peur, qui nous empêche de voir combien le Christ est proche de nous. Et ce Jésus, par sa puissance et sa grâce, commande aux tempêtes et à toutes les forces destructrices, qui peuvent mettre en péril notre vie. Dans la Bible et la foi juive, la mer est le symbole de toutes les forces du mal, à travers ses dangers, ses tentations, ses agitations. Mais avec Jésus, nous avons le pouvoir de marcher (dominer) sur ces forces du mal. Cependant, tant que nous fixons notre attention sur elles et que nous leur donnons de l’importance, elles nous engloutissent, comme la mer engloutissait Pierre.
Oui Jésus est bien vivant, et il nous prend sans cesse par la main pour nous sortir de l’eau, et même des bourbiers dans lesquels nous pouvons tomber parfois. A condition de l'appeler au secours, comme Pierre a le réflexe de le faire.
Rendons grâce à Jésus en ce dimanche, qui est toujours prêt à nous tendre sa main chaque fois que nous sommes en train de sombrer dans les désespoirs de cette vie.
Un très bon dimanche à tous dans le Christ Jésus notre Seigneur.
Padre Armand, sac!!!*
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